Pas ce soir Chéri(e)?

Pratiques et représentations des sexualités (19e-20e siècles)

Nous sommes convaincus que votre sexualité a une histoire ! L’exposition « Pas ce soir, chéri(e) ?; » va entreprendre de vous le démontrer.

Elle s’attachera à saisir les mutations des représentations mais aussi des pratiques de la sexualité tout au long des 19e et 20e siècles, en Europe occidentale, et spécialement en Belgique.   

Elle permettra ainsi de questionner la réalité et l’intensité de la révolution sexuelle qui se serait produite dans les années 1960. Les historiens des sexualités insistant de plus en plus sur l’impérieuse nécessité de construire des réflexions où les questions de genre, de classe et de race interagissent, l’exposition aura pour ambition de mettre en lumière les enjeux très diversifiés des régulations de la sexualité. Elle s’appuiera sur les travaux d’historiens, d’historiens de l’art, d’anthropologues, de sociologues, de politologues, d’économistes, de juristes, de criminologues, pour questionner des idées reçues et dégager le rythme des évolutions. Elle évaluera l’impact et les conséquences des mouvements les plus souvent associés à la libération sexuelle, tels le féminisme et la lutte pour le contrôle des naissances ou les mouvements gays et lesbiens.  

Alors qu’elle est associée à l’intimité, la sexualité est un enjeu de politique publique. Même si elle se joue entre deux individus, elle est associée, parfois de façon fantasmée, à des questions éminemment sociales : l’identité, la reproduction, la santé, la moralité, la mort... Les instances de régulation sont nombreuses et entrent dans des interactions complexes. Il suffit de penser au rôle de l’église, de l’école ou de l’armée, aux interventions de la médecine ou du droit, aux apports de la psychologie ou de la psychiatrie, aux discours des médias. Et à la multitude des acteurs et des professions qui interviennent dans le domaine de la sexualité : médecins, conseillers conjugaux, sages-femmes, sexologues, confesseurs, éducateurs, travailleurs sociaux, magistrats, prostitué(e)s…   

Chacun à leur façon, tous s’intéressent à l’acte sexuel, dans l’espace public ou dans l’espace privé et tous participent à la définition des identités sexuelles. Or, qu’est-ce qu’un acte sexuel ? Qu’est-ce que l’identité sexuelle ? La difficulté de répondre à ces deux questions suffit à elle seule à justifier le travail de mise en perspective historique que l’exposition va mener.   

La sexualité est à la fois l’objet de discours prolixes et l’espace de tous les silences. Les représentations qui en sont faites influent sur les pratiques, mais dans une mesure qu’il est souvent difficile de cerner, faute de sources. C’est un des enjeux les plus complexes pour les historiens qui sont souvent contraints d’étudier les discours sans atteindre les pratiques. Ce sera aussi un des défis de l’exposition. Il y en aura un autre : comme les discours ont le plus souvent porté sur des situations extrêmes ou marginales et se sont surtout attachés à traiter de ce qui était considéré comme « déviant », la « norme » est extrêmement mal connue. Ainsi l’hétérosexualité conjugale – la sexualité consentante entre deux adultes, de sexes différents, engagés dans les liens du mariage – a relevé pendant tellement longtemps de l’évidence qu’on ignore presque tout de sa réalité quotidienne.   
L’exposition s’intéressera aux sexualités en essayant de questionner plus avant l’hétérosexualité. Elle visera à mettre en lumière ce qui a changé et pourquoi ; quelles sont les valeurs associées à la sexualité et comment elles se sont transformées ; comment on parle de la sexualité, où et à qui ; quels sont les lieux de la sexualité et comment ils s’articulent.  

Le tout dans une perspective qui mobilisera activement la question du genre : la sexualité des hommes et des femmes n’a fait pas l’objet des mêmes discours et des mêmes représentations ; elle n’a pas fait, durant très longtemps, l’objet des mêmes apprentissages et des mêmes contrôles, ne s’est pas jouée dans les mêmes espaces, n’a pas connu les mêmes rythmes de changement ni les mêmes moments de « libération ». Le parcours de l’exposition révélera les enjeux de ces différences et leurs inflexions.       

L’exposition « Pas ce soir chéri(e) ? » est soutenue par l’Université Libre de Bruxelles, dans le cadre de son 175e Anniversaire. Adoptée comme projet transfacultaire par les quatre facultés de sciences humaines, elle bénéficie du support des Facultés de Droit, de Sciences politiques, économiques et sociales, de Philosophie et Lettres et de Psychologie et des Sciences de l’éducation. Elle est organisée en collaboration avec le département des Archives et Bibliothèques de l’ULB.   


Comité organisateur : Régine BEAUTHIER, Didier DEVRIESE, Vanessa D'HOOGHE, François FREDERIC, Valérie PIETTE et Gonzague PLUVINAGE

Réalisation : www.exquisse.com    --    Graphisme : www.trinome.be
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